Financement d'amorçage

Depuis une dizaine d’années le paysage des acteurs de l’investissement dans le monde change au gré de l’évolution de l’écosystème des startups. Les facteurs principaux de cette évolution sont dans la diminution des moyens financiers nécessaires pour démarrer une startup et la forte augmentation du nombre de candidats entrepreneurs, donc d’opportunités pour les investisseurs.

Les investisseurs en capital institutionnels se cantonnent désormais à intervenir lorsque le modèle d’affaire est réellement scalable et le couple produit – marché est clairement démontré. Le financement d’amorçage est donc fortement impacté par cette évolution avec 2 phases d’amorçage distinctes selon le schéma ci-dessous.

Le financement des startups en France suit cette tendance, avec une spécificité propre concernant la forte implication de l’administration et l’omni présence de la Banque Publique d'Investissement (BPI).

Le tableau ci-dessous récapitule les critères clefs moyens

Phase 1 : Pré-amorçage

La société vient d’être créée après que les fondateurs ont validé une vision créatrice de valeur, dont le couple produit / marché et sa scalabilité. Il est indispensable de se lancer avec minimum 2 fondateurs avec des compétences ou appétences complémentaires sur les domaines technique (produit) et marché (bus dev). Les fondateurs doivent être au même niveau de participation au capital de la société indépendamment de leur origine ou activité initiale.

Provenance du financement pré-amorçage

  • Rupture conventionnelle et/ou ASSEDIC chômage fondateurs
  • Prêt d’honneur (Réseau Entreprendre / Scientipole Initiative… )
  • Subvention BPI (ex OSEO) et/ou prêt bancaire (sans garantie personnelle)
  • Eventuellement complété par des investissements des fondateurs, familles ou amis proches

La phase de pré-amorçage est devenue clés dans le développement d’une startup alors qu’elle était quasi inexistante il y a quelques années. Les drivers principaux étant principalement la baisse du cout pour atteindre les objectifs de cette première phase : preuve de traction clients par le développement et test du produit/service sur le marché. La disponibilité quasi gratuite des ressources nécessaires permet aux entrepreneurs de minimiser drastiquement le besoin de financement initial. De moins en moins d’investisseurs prennent le risque de financer le pré-amorçage et, de plus, vont attendre la complétion de cette phase pour juger les compétences d’exécution des entrepreneurs.

Phase 2 : Amorçage

Les fondateurs ont prouvé leurs capacités d’exécutions de la phase de pré-amorçage et les premiers signes de l’adéquation produit / marché en signant les premiers contrats clients. Le modèle d’affaire doit être impérativement scalable.

Provenance du financement :

  • Business Angels et/ou VC Fonds amorçage
  • Leviers BPI et/ou prêt bancaire (sans garantie personnelle)

Phase 3 : Série A

La startup a trouvé son modèle d’affaire et les fondateurs ont des preuves tangibles qu’elle peut améliorer sa rentabilité et multiplier au moins par 10 ses revenus.

Provenance du financement :

  • VC Fonds d’investissements croissance
  • Leviers BPI
  • Dette

Il faut noter que les critères, montants et durées représentent des moyennes. De nombreux facteurs impactent le cycle de financement :

  • Réputation et expérience des entrepreneurs (ex : jeunes diplômés vs serial entrepreneurs)
  • Longueurs des décisions et du cycle de vente des marchés visés, (ex IT vs énergie/santé)
  • Complexité technologique du produit / service (ex : plateforme d’intermédiation digitale vs purification de l’eau)
  • Etc…

Exécution par les entrepreneurs

Les entrepreneurs doivent réfléchir très en amont sur les étapes de développement et des critères d’investissements, notamment :

  1. Créer une  équipe de fondateurs aux compétences  complémentaires (technique et commerciale). La compréhension des cycles de développement et de financement d’une startup est importante : elle fixe les objectifs d’exécution des entrepreneurs sur des périodes courtes d’environ 12 mois pour  atteindre les critères clés intermédiaires.
  2. Développer une idée dont le produit /service à un potentiel  marché important et scalable.  Cet aspect de « product/marketing fit » doit impérativement être testé dés le démarrage de l’activité. Une erreur de positionnement oblige le doublement des phases de financement d’amorçage ; ce doublement est compliqué à mettre en œuvre côté financements : impossible sur la phase de pré amorçage et possible sur la phase d’amorçage uniquement si prévu avec les investisseurs.

Enfin, il faut comprendre que les investisseurs jugent en premier lieu la capacité d’exécution des entrepreneurs. L’atteinte des critères des étapes de développement de la startup et de ses financements est donc très importante.

Philippe Julien-Laferrière
https://fr.linkedin.com/in/plaferriere
Juillet 2016


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